En janvier, la ville de Goma est tombée aux  mains des rebelles du M23. Depuis, la ville est entrée dans une torpeur angoissante. Les affrontements armés ont cessé, mais les commerces et les banques  sont fermés, avec pénurie de liquidités, recrudescence de l’insécurité nocturne. En l’absence d’administration officielle, les rebelles ont mis en place leur propre système de contrôle, avec des barrages et des prélèvements obligatoires.

 

L’espoir, à l’initiative du président américain d’un règlement du conflit lors des discussions engagées à Doha autour de la signature d’un cessez-le-feu entre la RDC et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ne s’est pas concrétisé.  Des combats ont repris au cours du mois d’août dans le Sud-Kivu et plus récemment dans le Nord-Kivu où le M23 étend sa mainmise sur de nouveaux territoires plus au Nord et la paix semble s’éloigner de plus en plus….

Le conflit a provoqué des déplacements massifs de populations et profondément perturbé l’agriculture locale par impossibilité de semer ou récoltes détruites ou pillées.

Par ailleurs l’insécurité complique le ravitaillement des marchés entrainant une flambée des prix des denrées alimentaires.

La situation alimentaire s’aggrave chaque jour. Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM) plus de 10 millions de personnes dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri (au nord du Nord Kivu) et le Tanganika (au sud du sud-Kivu) vivent une crise alimentaire grave. Plus de 90% des ménages dans le Sud et le Nord Kivu ne peuvent pas assurer deux repas par jour.Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a évalué 240 centres de santé et cliniques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.  les soins de santé deviennent progressivement inaccessibles.

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la rentrée scolaire, initialement prévue lundi 1er septembre, n’a pas eu lieu dans de nombreuses écoles. Cela en raison des combats qui sont toujours en cours entre le groupe armé l’AFC/M23 et l’armée congolaise. La situation met en péril l’avenir de milliers d’enfants, malgré l’engagement du cessez-le-feu entre les deux parties en négociation à Doha.

Devant un tel constat, on est surpris de s’entendre répondre, au  téléphone, à Kayna :

 « ici ça va, et chez vous ?….. en effet, à Kayna, comme à Kibirizi et les villages alentours depuis de longs mois occupés par les forces rebelles , la situation est devenue plutôt calme.

C’est ainsi que contrairement à de nombreuses écoles du Nord et du Sud Kivu et malgré toutes les difficultés, notre école de Kibirizi et le Centre de formation de Kayna ont pu rouvrir leurs portes début septembre ; Au centre, après la réfection des sanitaires et la pose de gouttières, ce sont les bâtiments du Centre qui ont eu droit à une rénovation.

Le Centre  Furaha avant rénovation

Enduits faits – vitres posées

Les élèves, après leur stage de fin d’études, comme chaque année, ont présenté un rapport de stage devant un jury . Il n’y avait que des garçons cette année car les filles  ont éprouvé des difficultés à étudier pendant que leurs familles se déplaçaient, fuyant les violences. Un des lauréats, Alain Mbusa, sur la photo ci-contre, a trouvé rapidement après son diplôme, un travail au sein de l’ONG HEKS EPER DRC.

         A la rentrée, les filles ne représentent que 30% de l’effectif global; on compte 30 enfants venus de Kibirizi,  24 déplacés des différentes zones de conflit et 28 enfants ex-enfants soldats et/ou orphelins.

L’internat héberge et nourrit 50 d’entre eux, les autres sont dans des familles. Ils bénéficieront cette année d’un internat et de sanitaires totalement réhabilités, nouveaux lits fabriqués par l’atelier de menuiserie, de même que nouveaux matelas, draps et couvertures.

les nouveaux lits

les sommiers

les matelas

Une ferme avicole sur le même modèle que celle de Kayna a été créée à Kibirizi  avec aussi le double objectif de venir en aide à la population sur le plan nutritif en vendant œufs et poulets à des prix attractifs mais également, à terme, lorsque la ferme tournera à plein régime, de prendre en charge le salaire des enseignants de l’école.

Le Centre de Santé, malgré les difficultés communes à tous les centres comme la pénurie grave de médicaments essentiels résiste bien et continue sa mission de médecine de proximité.

Plus que jamais la population du Nord Kivu a besoin de vous pour continuer à vivre au milieu de la violence et la misère