Géographie

Le Territoire

Le Nord Kivu est une province du nord est de la République Démocratique du Congo dont la capitale administrative est Goma au bord du lac Kivu. C’est une région de montagnes, de plaines et de volcans, certains en activité tels le Nyiragongo dont l’éruption en 2002 a enseveli Goma. Elle est limitée à l’est par la vallée du Rift occupée par les grands lacs, frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda. Son climat est tempéré, son sol fertile propice aux cultures variées, son sous sol riche en minerais sources de convoitises et de pillages des pays voisins. La capitale, Kinshasa, est distante de plus de 2000 kms.

Goma

La ville de Goma qui peine à se relever du désastre de 2002 est aussi le lieu où se regroupent, dans d’interminables camps de toile, les populations déplacées des villages environnants victimes des conflits armés récurrents.

Le Village

Kibirizi est situé au nord de la province, à environ sept heures de voiture de Goma. Une route au revêtement détérioré conduit jusqu’au village de Rwindi à proximité du lac Edward. Au delà, une piste de terre mène au village. Seuls de rares camions empruntent cet itinéraire qui traverse le parc national des Virunga connu pour abriter davantage de bandes armées que d’animaux sauvages presque entièrement massacrés.

Kibirizi qui a fait l’objet des premiers projets d’AFYA, est situé sur une éminence entourée de forêts et de collines, agglomération de pauvres maisons en pisé ou s’entassent une population de plus de 40000 habitants grossie par les foules de déplacés. Quelques échoppes sont exposées aux pillages par des hommes en arme d’appartenance imprécise.  Seules structures sociales résiduelles sont un Centre de santé, une Eglise et quelques écoles  publiques ou privées en état précaire.  

La Précarité

L’absence d’éclairage et l’insuffisance des structures scolaires sont des causes majeures de précarité
Une tentative d’électrification du village à partir d’une micro centrale hydraulique n’a laissé que quelques poteaux et des fils saccagés. La nuit, l’obscurité , angoissante, est totale en particulier au centre de santé où les interventions, essentiellement les césariennes, sont effectuées par une jeune femme médecin à la lueur d’une lampe frontale. Ce Centre, géré par l’Eglise néo-apostolique et la population locale, est la référence pour quatre zones de santé avec une population cible de 54000 habitants. Il manque cruellement de financement et de consommables.

Dans les écoles, seuls sont admis les enfants dont les parents sont susceptibles de payer des enseignants aux salaires misérables. Les innombrables enfants indigents, orphelins sont laissés pour compte et voués à l’obscurantisme et à l’illettrisme. Certains d’entre eux sont cependant admis dans une école gratuite aux enseignants bénévoles, aux bâtiments inachevés, au matériel pédagogique déplorable, gérée par une association locale, « Apetamaco » .